Notre présidente d'honneur

Geneviève Dansette

est morte le 1er juin 2008

 

 

EKR France tient à rendre un hommage particulier à Geneviève

qui fut secrétaire de l’association durant de nombreuses années.

C'était une amie personnelle d'Elisabeth

 

 

« Ne soyez pas tristes » disait-elle, certaine qu’elle serait happée par la Lumière. Cette certitude, Geneviève l’avait bâtie sur les épreuves de sa vie et au contact des autres dans la souffrance.

Issue d’une famille d’industriel du Nord, Geneviève était particulièrement fière de son arrière grand-père Hubert Dansette, médecin des pauvres et maire d’Armentières auprès de qui elle souhaitait reposer. Née à Lille le 28 décembre 1919, elle était la deuxième fille du second mariage de son père qui avait déjà un garçon et trois filles. Geneviève rapportait avoir grandi en ayant la nette sensation d’être la fille de trop. Elle choisit d’en rire plutôt que d’en pleurer, abordant la vie avec humour, une certaine dérision et un brin de provocation.

Admise pour ses études dans une institution religieuse, ses résultats scolaires ne sont pas très brillants. Excepté en mathématiques où le travail ne lui demande aucun effort. Geneviève veut être prof de Maths mais son niveau trop faible par ailleurs lui ferme cette porte.

Geneviève se décide à faire des études pour travailler et ne pas demeurer à la charge de sa famille. Elle rentre finalement à l’école d’infirmières de la Croix Rouge.

La guerre approche. Geneviève quitte Armentières avec sa famille pour se réfugier à Carnac et achever ses études à Vannes. C’est ainsi qu’elle obtient brillamment son majorat. Elle poursuit sa lancée par des études d’assistante sociale à Rennes. Ayant vingt ans en 40, Geneviève s’engage dans les FFI du Morbihan pour porter assistance aux maquisards blessés. Ceci lui vaut la Croix de Guerre 1939-1945 et une citation à l’ordre du régiment. Engagée volontaire pour la durée de la guerre à Rennes, puis à Nantes, Geneviève dirige, en dépit de son jeune âge, un service de 13 assistantes sociales. Elle est démobilisée à Lille le 20 décembre 1945.

Elle poursuit son travail de soutien social aux plus démunis, demeure disponible pour sa famille et ses amis et oeuvre au sein du corps des Infirmières pilotes-secouristes de l’air, dont elle est un des piliers. 30 ans de bénévolat lui valent la médaille de vermeil, plus haute distinction de la Croix Rouge. En reconnaissance de cet engagement, le président de la Croix Rouge Française lui-même, le Professeur Jean-François MATTEÏ, fait part dans la presse, du décès de Geneviève.

Une rencontre avec un industriel lui fait quitter le nord et s’installer à Paris avec son père devenu veuf. Là encore, Geneviève développe toute ses qualités et sa disponibilité pour seconder cet homme aux projets aussi nombreux que variés. Elle demeure présente auprès de son père et attentive à la famille de son employeur dont elle devient rapidement une familière. C’est ainsi qu’elle soigne l’épouse de ce dernier et élève sa petite fille qu’elle considère comme la fille qu’elle n’a pas eue.

Un appel d’un de ses amis résistants oriente encore une fois le cours de son existence. Le maire de Saint-Malo cherche un gestionnaire pour relever les thermes de la ville. Geneviève est désignée comme une personne compétente, rigoureuse, apte à assumer cette tache. C’est ainsi qu’elle part avec son père s’installer à Paramée pour diriger pendant près de 15 ans les thermes marins de Saint-Malo, rénovant le grand hôtel, ouvrant trois restaurants et gérant 150 employés. C’est là dit-elle, qu’elle vit les plus belles années de sa vie, sans perdre pour autant son attachement pour le Nord. A la retraite à l’âge de 61 ans, Geneviève n’abandonne pas son talent de bénévole et soutient à Paris diverses œuvres, dont l’association Elisabeth Kübler-Ross France.

En tant que secrétaire générale de l’association, Geneviève organise elle-même une conférence qui rassemble 1500 personnes au Palais de la Mutualité de Paris ; un énorme succès ! S’en suit de nombreuses autres conférences, des groupes de soutien pour personnes en deuil dont elle est assesseur, des séminaires, un accueil dans des locaux fraîchement trouvés, une ligne d’écoute téléphonique, des antennes en province, un fichier de plus de 600 adhérents, tout cela porté avec rigueur et énergie par Geneviève. Elle est la reine des petits papiers à l’écriture griffonnée dont elle s’entoure pour ne rien oublier, premier signe d’une affection qui va l’affliger. Elle est adorée de ceux que la séparation plonge dans le désarroi. Son âge, son regard bleu lumineux, son amour inconditionnel leur redonnent courage. Elisabeth Kübler-Ross la chérit, les adhérents la chérissent et petit à petit, comme elle avait fait avec son ami industriel, elle se rapproche du Docteur Hervé Mignot, président de l’association et de sa famille.

Des liens auxquels aucun d’eux ne s’attendaient se tissent jour après jour pour devenir au gré des années et de la vieillesse qui s’installe, des liens quasi filiaux. Geneviève participe aux réunions familiales, accueille chacun des enfants dont s’enrichit le foyer, les gardent, le aiment comme ses propres petits-enfants. Ceci sans trahir ses propres liens familiaux qu’elle aime entretenir à travers de célèbres rendez-vous intergénérationnels. Elle conserve des contacts étroits avec ses amis rencontrés au cours de son long parcours professionnel et associatif. Malheureusement, le temps passant, la vie les emporte et leur nombre se réduit. Lorsqu’ Hervé Mignot décide de quitter Paris pour Quimper puis Lyon et enfin Châteauroux, Geneviève le suit sans hésitation. Touchée par la maladie d’Alzheimer, elle demeure pleinement elle-même, s’agaçant de ses pertes de mémoire, demandant à Hervé de lui restituer les fils de sa vie qu’elle lui a si souvent racontée et qui lui échappent.

Geneviève aimait les arbres et Jeanne d’Arc. Elle pratiquait l’astrologie. Piètre cuisinière, elle se rattrapait en invitant ses proches au restaurant. Elle était la championne des petites phrases toutes faites : « quand on a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a » ; « le bruit ne fait pas de bien ; le bien ne fait pas de bruit » ; « je ne veux pas finir comme ceux qui tuent le temps avant que le temps ne les tue » ; « la vieillesse n’est pas un cadeau du ciel » … Ses amis comptaient : « ils m’ont accompagné dans mon parcours et m’ont aidé à vivre » répétait-elle à merci.

« Dis à ma famille, à mes amis que je ne les quitte pas. On ne meure pas pour ceux qui vous aiment et que l’on aime » écrivait-elle dans une lettre posthume au président de notre association. Sa foi était réelle : « je n’ai jamais douté ; une espérance sans limite qui me faisait dire : merci mon Dieu, quelques soient les circonstances, bonnes ou mauvaises, sachant qu’Il était mon chemin ».

Sa vie fut émaillée de moments douloureux : « J’ai aussi beaucoup pleuré, mais je vous souhaite de rire autant que j’ai ri et j’espère rire jusqu’à la fin de mes jours », ce qu’elle fit encore deux heures avant sa mort. « Et demain demain… je ne sais où je serai », écrivait-elle. « Dans une autre dimension, un ailleurs rempli d’amour et de Lumière. Les liens affectifs ne seront pas rompus. La séparation ne sera qu’apparente ».

« On a rien donné tant que l’on n’a pas tout donné », tel était sa devise. Merci Geneviève pour cet Amour si fort que tu as témoigné à toux ceux qui t’ont approché, pour ton élan de vie, pour ta foi contagieuse, pour ce don total de toi. Nous nous réjouissons de tes premiers pas dans le ciel auprès de ceux que tu aimes.

 

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